Les Cahiers Vagabonds | Hors des sentiers battus: Le cimetière des Fontanelles ou l’antre macabre napolitaine
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Hors des sentiers battus: Le cimetière des Fontanelles ou l’antre macabre napolitaine

Loin du capharnaüm du centre-ville de Naples, au sein du quartier populaire de la Sanità se trouve un lieu presque oublié : le Cimitero Delle Fontanelle. Il faut s’armer de patience et déambuler dans le quartier avant d’être mis sur la piste de cet endroit atypique. Creusé dans le tuf, ce cimetière témoigne d’un passé morbide, quoiqu’original.

Une histoire funeste 

Au XVIIème siècle, la ville de Naples subit tour à tour de nombreux fléaux. Famines, tremblements de terre, éruption du Vésuvep1070416 et insurrections populaires affaiblissent les Napolitains, mais c’est la grande peste de 1656 qui va être la plus meurtrière. Au total, elle va décimer plus de la moitié de la population de la ville (250.000 morts pour 450.000 habitants). Les corps s’entassent par milliers chaque jour dans les ruelles de Naples. Par manque de place et de temps, les victimes sont déplacées au sein des cavités creusées, donnant naissance au Cimitero Delle Fontanelle.

Ce cimetière extra-muros, devient rapidement le lieu d’inhumation des plus pauvres de la ville. Des milliers de corps y seront également déposés après l’épidémie de choléra de 1837. Ainsi, presqu’un demi-million de squelettes repose au sein de ces cavités poussiéreuses.

Des allées jonchées d’ossements humains

Au XXème siècle, la plupart des ossements sont ensevelis et quelques 40.000 squelettes restent entreposés de parts et d’autres des allées. C’est à ce spectacle macabre auquel on assiste en entrant dans les lieux. Des centaines de crânes alignés et des fémurs entassés sur des étagères hautes de plus de deux mètres s’accumulent dans des cavités sombres à l’odeur rance de moisi… Mais le plus surprenant reste à venir. Les crânes sont, pour la plupart, « entretenus ». Ils apparaissent sous des cloches de verre, sur des tapis de velours ou ornés de bijoux et autres chapelets.

Croyances et superstitions

L’histoire veut qu’au XXème siècle, les Napolitains, très croyants et subissant un quotidien pauvre et miséreux, se sont mis à « adopter » ces crânes. Dans le religion catholique, un corps n’ayant pas eu de sépulture est condamné à errer dans le purgatoire. En prenant soin d’un crâne, en le lavant et en lui amenant des offrandes, les Napolitains sauvaient alors l’âme de ces morts. Le succès de cette tradition mena à la fermeture du cimetière parp1070402 le très catholique Monseigneur Ursi, en 1969. Ce n’est qu’en 2010 qu’il réouvrira son antre, grâce à une mobilisation pacifique des habitants du quartier.

Désormais, l’endroit est quasiment désert. Seuls quelques curieux sillonnent encore les allées obscures du Cimitero Delle Fontanelle, ainsi que quelques vieilles femmes venant encore et toujours honorer ces âmes perdues…

M.P-V.

Crédit photos: Mélissa Pollet-Villard

1 Comment
  • POLLET-VILLARD
    Posted at 11:05h, 22 novembre Répondre

    Parfait pour Halloween

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