Les Cahiers Vagabonds | Portrait #2: Edmundo et sa famille, gauchos au cœur de la Cordillère des Andes
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Portrait #2: Edmundo et sa famille, gauchos au cœur de la Cordillère des Andes

Las Loicas, un village perché au cœur de la Cordillère des Andes. On s’y retrouve par hasard, guidé par les coïncidences. Notre périple en stop à travers l’Argentine nous conduit jusqu’à la maison d’Edmundo, 39 ans, guide de montagne et Lydia, sa femme, employée de service dans l’école du coin. Edmundo possède 25 chevaux et les loue pour vivre dans sa petite localité dont le nombre d’habitants n’est pas vraiment déterminé. « Une trentaine de familles » vit ici, nous indique Lydia, en vacances le jour où on se trouve chez eux. Lorsqu’elle ne travaille pas, elle en profite pour recevoir les clients que son mari emmène en balade au milieu des Andes. Elle est la voix du couple. Celle qui raconte, explique, fait la conversation. Elle sert le maté, les petits gâteaux et veille à ce que tout se passe bien.

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A peine assis à sa table pour partager un asado, le traditionnel barbecue argentin, Lydia sort les albums photos. Elle raconte la vie de la famille. Une vie modeste, perchée dans les Andes. La fille aînée, 22 ans, est partie vivre à Malargüe, la grande ville de la région, une centaine de kilomètres plus loin. Restent à la maison les trois garçons qui sont encore à l’école. Jésus, 17 ans, Augustino, 13 ans et Luis, 8 ans. De vrais petits gauchos en herbe. Si le petit Luis est déjà capable d’accompagner les plus grands, les deux plus âgés partent marcher de longues heures à cheval à travers la Cordillère, dans le sillage de leur père, Edmundo, un sacré personnage.

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« C’est un vrai appui pour moi », se félicite Emanuel, guide touristique qui fait le relais entre les visiteurs et Edmundo. « Il ne parle pas beaucoup mais il est très efficace dans son travail ». Chapeau vissé sur la tête, teint mat, regard noir fixant, joues rosies par le soleil, chemise à carreaux, pantalon large de gaucho et espadrilles aux pieds. Edmundo n’est pas là pour de grands discours. Si on lui pose une question, il va y répondre, avec le sourire. Mais rien de plus. Tombé amoureux des chevaux à ses 12 ans, il ne les a plus quitté et voue sa vie à s’en occuper. Egalement très proche de ses garçons, on surprend une scène émouvante, magnifique. Dans un silence seulement brisé par les miaulements des chatons qui se promènent dans le jardin, Edmundo et ses trois fils sont debout, appuyés contre un muret, serrés l’un contre l’autre. Ils chuchotent et scrutent les étrangers que nous sommes, sans oser se mêler à nous. Petit à petit, ils délieront leur langue afin d’échanger avec nous sur leur vie.

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Edmundo nous emmènera en balade dans l’après-midi. Lydia nous prévient avant de monter à cheval : « mon mari ne parle pas beaucoup mais il a un très grand cœur. Il n’a pas besoin de s’exprimer pour montrer qu’il aime les gens. » Une attitude qu’il adopte aussi lorsqu’il observe la nature. Avec un sourire accroché aux lèvres, le gaucho observe, scrute et analyse le moindre des paysages qu’il traverse. Ses montagnes, il les connaît par cœur et on sent un amour infini pour elles. De toute sa vie, il n’est parti qu’une seule fois en dehors des Andes. C’était pour aller dans la province de Corrientes, au nord du pays. Il n’y avait pas de montagne mais il y avait des chevaux. Un ami l’avait invité dans une Estancia. On le sait, Lydia nous a montré les photos.

M. N.

Photos: Mélissa Pollet-Villard

1 Comment
  • POLLET VILLARD SOPHIE
    Posted at 20:58h, 04 mars Répondre

    Jolis portraits que ce soit par l’écriture ou la photo, bravo

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