Les Cahiers Vagabonds | Hors des sentiers battus: Sur la route du cacao en Equateur
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Hors des sentiers battus: Sur la route du cacao en Equateur

« Une fabrique de Cacao ? Euh… Essayez à Rio Canoa, c’est à moins de 10 km d’ici. A la Finca verde peut-être. » A Canoa, on s’intéresse davantage au surf et à la pêche qu’à la production du cacao. C’est pourtant depuis cette petite ville de 7.500 habitants accoudée au Pacifique que l’on veut atteindre notre but : voir comment l’on fabrique le chocolat !

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L’Equateur a pendant longtemps été le leader mondial de la production de cacao. On veut donc en savoir plus.

On cherche à louer un scooter ou des vélos pour rejoindre Rio Canoa, petit hameau pas desservi par les bus. Il y a bien un loueur dans la ville mais il est fermé depuis trois heures et tarde à rouvrir ses portes. « Peut-être qu’il a de la famille chez lui », s’excuse son voisin barman qui nous incite à aller négocier avec les taxis.

Pas de taxi, pas de cacao

Peine perdue, les chauffeurs chevronnés, bedonnants et grisonnants ne bougent pas d’un centimètre lorsqu’on leur demande de baisser d’un dollar leur tarif. Ils restent assis et secouent la tête. 5 $ pour 7 km, on sent la pilule passer mais on n’a pas vraiment le choix si on ne veut pas marcher.

Une vingtaine de minutes plus tard, après avoir traversé des chemins boueux et cabossés et croisé vaches, chevaux et chiens errants, nous apercevons quelques maisons : Rio Canoa.

 

 

Plus intéressé par le gain de la course que par notre objectif, le chauffeur nous abandonne à l’entrée de la Finca Verde sans plus d’explications.

On pousse la porte. Des bananiers en pagaille sur notre droite, des bananiers en pagaille sur notre gauche. En face, une butte depuis laquelle dévalent à toute allure deux jeunes chiens noirs. Lancés comme des fous et hurlant comme des dégénérés, ils manquent de nous renverser. Une voix peu mélodieuse leur ordonne de se calmer.

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Un Canadien de 45 ans, pieds et torse nus, nous accueille avec une tête d’hurluberlu. C’est le propriétaire de la Finca Verde. On lui expose le but de notre visite. « Ha, des cacaotiers, j’en ai deux petits plantés récemment. C’est tout. »

A gauche après les trois billards…

Déçus par cette réponse, on lui demande où on peut en voir plus. Pas vraiment dans le rythme de notre conversation, le Canadien nous fait visiter l’ensemble de son terrain sur lequel il est en train de construire un hostel et un restaurant. On fait connaissance avec ses chevaux, il nous offre une banane et nous raconte son road-trip colombien en van. C’est intéressant mais on ne sait toujours pas où il veut en venir.

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Son associé équatorien vient interrompre son endiablé récit de voyage. Plus avisé que l’anglophone qui ne parle toujours pas espagnol après trois ans de vie en Equateur, il nous indique l’adresse d’une certaine Sista. C’est elle la spécialiste du cacao à Rio Canoa.

Le nom parle à Mélissa, elle a déjà lu un article concernant cette dame. On demande le chemin.

« Vous passez le premier billard, puis trois autres billards sur la gauche et ensuite vous y êtes. » Quel est ce drôle de village perdu au milieu de la forêt où les habitants se repèrent grâce aux tables de billard ? Surpris et circonspects, on apprécie toutefois la précision des indications. Au détour d’une petite cabane, Sista est dans notre champ de mire.

 

 

La senora a environ 55 ans, des cheveux noirs tressés, un bob vissé sur la tête et un gros poireau qui borde son nez. D’une jovialité communicative, elle souhaite la bienvenue. « On nous a dit que tu étais la star du chocolat », ose-t-on pour engager la conversation.

Dans un sourire faussement gêné mais teinté de modestie, Sista marche vers son frigo d’où elle nous ramène quelques blocs de pâte de cacao. Remarquant notre intérêt pour sa production, elle nous invite à la suivre à l’arrière de la maison.

 

 

De nombreux cacaotiers d’une dizaine de mètres se bousculent. Elle coupe puis m’offre un des fruits de couleur orange qui pendent aux arbres. Il s’agit d’une cabosse. Le fruit pèse autour d’un kilo et mesure 30 cm environ. Les cueilleurs utilisent une machette pour l’ouvrir et en extraire les grains.

Vient ensuite une phase de fermentation. Une fois cueillis, les grains sont conservés entre trois et quatre jours dans des caisses en bois puis ils sont séchés à l’air libre pendant plusieurs semaines avant d’être torréfiés.

 

 

On enlève alors la peau pour qu’il ne reste plus qu’une petite fève qui est prête à être moulue. Réduit en poudre, le cacao est prêt à être mélangé à d’autres ingrédients (sucre, lait…) et devenir ainsi le chocolat que l’on connaît (noir ou au lait). On précise toutefois qu’il faut 400 graines de cacao pour fabriquer 450 grammes de chocolat !

Sista offre même le café

Alléchés par l’explication de Sista et par sa pâte de cacao sortie du frigo, nous lui achetons quelques morceaux. Elle agrémente la transaction de quelques grammes de café moulu de sa fabrication.

Et alors qu’elle pose pour la photo, elle s’amuse de savoir que son travail et son portrait arriveront jusqu’en France. « Je vais être connue dans le monde entier », s’exclame-t-elle avant de nous saluer.

Munis de cacao et de café, nous reprenons alors notre route à pied vers Canoa. C’est d’ailleurs à cet instant précis que le chauffeur de taxi de l’aller, rusé comme un renard, a re-pointé le bout de son nez. On a alors préparé un billet de 5 dollars.

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Texte: M.N.

Photos: Mélissa Pollet-Villard

1Comment
  • SOPHIE POLLET VILLARD
    Posted at 15:05h, 30 juin Répondre

    Miam….Du chocolat, du café … joli périple

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