Les Cahiers Vagabonds | PRATIQUE: La remontée de l’Amazone de la Colombie jusqu’au Pérou: mode d’emploi
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PRATIQUE: La remontée de l’Amazone de la Colombie jusqu’au Pérou: mode d’emploi

Aller en bateau de Leticia, en Colombie, jusqu’à Pucallpa, au Pérou, en passant par Iquitos, peut être une aventure formidable pour certains comme infernale pour d’autres.

Alors, certes il existe des bateaux rapides te permettant d’économiser du temps, mais si tu veux une véritable expérience hors du temps et au coeur de la vie amazonienne, nous te conseillons vivement d’embarquer sur un bateau lent de marchandises transportant également des passagers. On t’explique comment faire.

 

I/ SE PREPARER AU VOYAGE

 

  • Se rendre à Leticia: Située au sud de la Colombie près des frontières brésiliennes et péruviennes, cette ville n’est accessible que par voie aérienne ou fluviale. Le plus simple est de prendre un vol depuis Bogota, généralement bon marché (compter moins de 40 euros par personne avec une soute).

 

  • Prévoir de quoi dormir et grignoter: L’option la plus économique est de dormir dans un hamac. Tu en trouves à partir de 8 euros (tout à fait corrects) sur le marché de Leticia (pense aussi aux cordes!). Prends des affaires chaudes car il peut faire froid la nuit.
    En saison sèche, il n’est pas nécessaire de se munir d’une moustiquaire en revanche lorsque le fleuve est plus haut, elle est vivement recommandée. Tu as aussi l’option de louer une cabine pour un prix plus élevé et un confort relatif car tu dois la partager avec une ou trois personnes (bonne solution pour garder en sécurité tes affaires).

     

    Aussi, si les repas sont compris dans le prix du ticket, ils demeurent tout à fait basiques et peu variés (prévoir un tupperware et ses propres couverts). Mieux vaut donc s’emmener des petits en-cas. Des vendeurs ambulants te proposeront également divers produits tout au long du voyage lors des arrêts dans les ports.

 

  • Prévoir de quoi s’occuper: le trajet peut être long (en période sèche, compte 3 nuits et 2 jours de Leticia à Iquitos puis 6 nuits et 6 jours entre Iquitos et Pucallpa. Si le fleuve est haut, les trajets sont moindres). On te conseille donc de prévoir beaucoup de lecture et de jeux. Il est possible de charger ses appareils électroniques mais attention à l’humidité (pouvant atteindre 95%!) qui peut te tuer ton ordinateur ou ton téléphone. On te recommande donc de les laisser protégés dans un sac étanche.

 

 

  • Préparer la sortie du territoire à l’immigration: il existe deux bureaux d’immigration à Leticia. Un à l’aéroport et l’autre sur les quais. Attention, celui situé sur le port n’est pas fiable, mieux vaut aller faire tamponner ton passeport à l’aéroport avant d’entrer au Pérou.

 

  • Traverser le fleuve pour se rendre au Pérou: en cinq minutes, une petite barque (il y en a des dizaines à toute heure) t’emmène à Santa Rosa, village situé sur l’autre rive, en face de Leticia.

 

  • Entrer légalement au Pérou: sur la rive, prends un moto-taxi pour te rendre au centre du village, à l’immigration péruvienne. Un petit coup de tampon puis retour sur les quais.

 

  • Trouver un bateau qui part pour Iquitos: Attention aux informations contradictoires! Normalement, un bateau part quotidiennement (sauf le jeudi) en fin de journée (entre 17 h et 20 h). Cela n’est vrai que sur le papier, la réalité peut te réserver des surprises. Nous te conseillons de te rendre en milieu d’après-midi sur les quais pour voir s’il y a un bateau qui se prépare au départ. Si ce n’est pas le cas, ne te fie pas aux dires des villageois, reviens en fin de journée pour vérifier par toi-même. S’il n’y a toujours pas de bateau à la fin de la journée, prends l’option de passer une nuit au village, où les hébergements sont très bon marché et corrects.

 

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II/ EMBARQUER SUR LE BATEAU

 

  • Acheter son billet: A Santa Rosa, embarque directement sur le rafiot. On te fera payer plus tard (prévoir 70 Soles = 20 euros par personne, repas inclus). A Iquitos, le paiement s’effectue avant de monter à bord (Iquitos-Pucallpa: 100 S = 30 euros, repas inclus).

 

  • Arriver assez tôt: si tu as pris l’option hamac (ce que l’on recommande), prévois d’arriver de bonne heure pour choisir le meilleur emplacement (soit environ trois heures avant le départ).

 

 

  • Choisir son emplacement: s’il y a plusieurs étages, choisir le plus en hauteur (moins de monde et plus éloigné du bruit du moteur). Une fois l’étage choisi, installe-toi plutôt au centre (les extrémités sont ouvertes aux quatre vents et à la pluie) et évite d’être trop près du bar (il y a généralement quelques pénibles dans cette zone).

 

  • Prendre son mal en patience: tu es installé, maintenant tu dois attendre. La spécialité locale est généralement de ne pas partir à l’heure. La compagnie attend que le bateau soit le plus rempli possible de marchandises afin de rentabiliser son voyage. Le témoignage le moins heureux fait part d’une attente d’une trentaine d’heures… De notre côté, nous avons démarré avec 3 ou 4 heures de retard.

 

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Une fois les vrombissements du moteur en route, la véritable aventure peut commencer…! On te livre nos ressentis personnels après neuf jours consécutifs passés à bord (arrivés à Iquitos, on a directement pris un deuxième bateau). Bien évidemment, cela reste subjectif 🙂

 

 

III/ LA VIE A BORD – AVANTAGES

 

  • L’authenticité de l’expérience: si le Pérou est très touristique, il est peu probable que tu rencontres d’autres Gringos à bord de ces bateaux. Donc, pas d’attrape-touristes et des prix bas tout le temps.

 

  • La rencontre avec les locaux: tu devrais être la curiosité du bateau. Ne t’étonnes pas si tout le monde te regarde. En bonus, si tu parles espagnol, tu pourras sympathiser avec tes voisins de hamac qui te partageront leurs expériences.

 

 

  • Le témoignage de la vie autour de l’Amazone: on vit au rythme du fleuve. Chaque arrêt dans les ports te permet d’observer le va-et-vient incessant des villageois et de goûter aux spécialités locales (coup de coeur pour les empanadas de yuka).

 

  • Les paysages: l’Amazone est un fleuve mythique. Profite de ce paradis vert. Ouvre les yeux, tu surprendras les dauphins gris et roses reprendre leur souffle à la surface.

 

  • Le temps pour soi: PAS DE STRESS ICI! Tel est le leitmotiv à bord. Les jours passent et se ressemblent. A toi de les remplir comme bon te semble.

 

  • Le coût très modeste du voyage: Si tu es fauché, c’est une super option pour parcourir des kilomètres pour pas cher.

 

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IV/ LA VIE A BORD – INCONVENIENTS

 

  • L’intimité: Tu partages systématiquement ta vie avec les autres passagers (jusqu’à une centaine par étage). Tu dois donc subir leurs envies musicales matinales, leurs ronflements, leurs cuites au bar, leurs animaux de basse-cour, etc…

 

  • Le bruit: Le moteur est assourdissant et continuel. Si tu es sensible au bruit, prévois des boules Quies.

 

  • L’hygiène: On parle ici essentiellement de la salle des bains et des toilettes qui sont rudimentaires. Toutefois, cela reste correct pour une utilisation minimale. Prévois en complément des lingettes pour bébé, par exemple.

 

 

  • La nourriture: au moins tu es sûr(e) de ne pas attraper la turista à bord! Le matin, c’est bouillie d’avoine/pain sec, le midi c’est almuerzo classique (riz/pâtes ou patates/poulet bien cuit) et le soir petit bouillon de quinoa/os de boeuf. C’est à ce moment-là que tu seras content(e) d’avoir emporté une gourmandise avec toi!

 

  • L’ennui: -_-

 

  • La monotonie: Le voyage peut paraître interminable. Les paysages semblent parfois rester immobiles et si tu n’as plus de lecture… Bonne chance!

 

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Texte: Marc Nouaux et Mélissa Pollet-Villard

Photos: M.P-V.

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