Les Cahiers Vagabonds | Récit: Bain de faune au cœur de Kangaroo Island
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Récit: Bain de faune au cœur de Kangaroo Island

Chapitre Ier : Ne jamais rouler de nuit en Australie

La nuit enveloppe lentement la route B23 qui s’engouffre vers le sud-ouest d’Adelaïde. Les panneaux oranges se succèdent au bord de la voie et signalent le danger que peuvent représenter les kangourous qui bondissent au milieu de la chaussée. Il s’agit de lever le pied, d’être vigilant et surtout d’éviter au maximum la conduite nocturne. Il est plus de 18 heures et je me suis enfin habitué à cette voie de gauche, une nouveauté depuis le début d’après-midi. The Kid – c’est ainsi que l’on a baptisé notre van – se traîne dans les montées, les phares d’en face me font plonger dans des nuées troubles et le point de tension s’accentue au creux de la nuque, pile entre les deux épaules.

Contrairement aux recommandations, nous nous sommes élancés dans une nuit noire au cœur d’une campagne hostile du South Australia où le jour fuit de bonne heure. Le vent secoue les arbres qui gesticulent au-dessus d’une chaussée de plus en plus désertée par les conducteurs qui n’aiment pas traîner dehors quand la nuit est tombée. Nous avançons vers un point indiqué sur une application pour campeurs : un champ gratuit où l’on pourrait passer la nuit avant de prendre un ferry pour Kangaroo Island le lendemain.

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J’active le clignotant gauche, il est temps de s’engouffrer sur une petite route. L’asphalte est derrière nous et l’on progresse sur un chemin de cailloux blancs, bosselé, troué et inhospitalier. Jusqu’où mènera-t-il ? Le point se rapproche sur la carte à mesure que le vent souffle et que l’obscurité nous plonge dans des légendes qui refroidissent les âmes. Le point est dépassé sur la carte, il faut faire demi-tour et sans doute se résigner car l’endroit ne correspond pas à ce que l’on attend, il doit y avoir une erreur de notre part. La manœuvre s’effectue devant un portail utilisé pour faire circuler du bétail. La lumière des phares s’attarde sur les panneaux qui indiquent de rebrousser chemin. Des fossés bordent la piste, afin d’ajouter un peu de difficulté et de frayeur.

L’endroit est sinistre et réunit les conditions parfaites pour une scène de crime et d’épouvante à la Sheitan. Les idées sombres surgissent décidément trop vite lorsque l’on est enveloppé par une nuit noire. Un petit coup d’œil par la fenêtre pour se redonner du courage : le ciel étoilé est incroyable. J’éteins les phares et caresse du regard la voie lactée avant de replonger dans les méandres d’un chemin interminable, surtout dans le sens inverse.

L’asphalte, enfin. Des lumières « urbaines », enfin. Deux lampadaires veillent sur les quatre maisons d’un hameau. Nous passons notre chemin et nous rapprochons du Cape Jervis, maintenant annoncé à plus de quarante bornes. Il y aura un camping où se poser et dormir. En attendant, nous retrouvons cette B23 bordée d’arbres qui couvrent la route d’un toit feuillu et mouvementé. Voici Cape Jervis. Un vent étourdissant mais des lumières. Et surtout des vies humaines.

 

 

Chapitre II : Lovely

Cape Jervis un mardi en début d’après-midi. Quelques employés de la compagnie de ferry qui s’agitent mais rien de plus à signaler. C’est dans ce calme exceptionnel qu’il faut accepter le lourd prix à payer pour traverser : presque 400 AUD l’aller-retour pour deux à bord d’un véhicule. La traversée prenant quarante-cinq minutes, cela fait un peu cher la croisière. « Lovely », nous assène l’employée qui procède au paiement au moment de valider l’impression du ticket. Ce n’est pourtant pas l’adjectif qui me trottait dans la tête au sujet du tarif pratiqué par la compagnie. Peu importe, Kangaroo Island et son nom évocateur prêtent à rêver.

La traversée secoue un peu, la mer est agitée en cette saison de printemps austral. Une annonce au micro invite les conducteurs à rejoindre les véhicules tandis que les passagers sont priés de débarquer d’un autre côté et d’attendre sur la terre ferme que sortent les voitures. Si certains avaient oublié qu’ils vivaient dans une société patriarcale, il suffisait simplement de jeter un œil sur l’organisation du ballet de sortie du bateau : les hommes sont au volant, les femmes et les enfants attendent sur le quai. Je n’échappe pas à la règle et récupère Mélissa au vol avant d’envoyer The Kid manger le goudron de Kangaroo Island.

 

 

La route principale se faufile au cœur de prairies vertes sur lesquelles des troupeaux de moutons gloutons paissent sans se fatiguer. La végétation est dense et la chaussée est désormais encerclée par des arbres chauves qui forment un tunnel dans lequel on se sent aspiré comme on le serait dans un trou noir. Premier stop au hasard de la route : une plage de sable blanc sur laquelle on se prélasserait sans aucun doute s’il ne faisait pas quinze degrés.

Quelques kilomètres encore à compter le nombre de cadavres de kangourous dans les fossés et nous arrivons à American River, un hameau qui abrite un bar à huîtres, quelques maisons, un petit port de pêche dans lequel se baigne une otarie solitaire et un camping. Personne pour encaisser le paiement de la nuit : les autres clients présents nous recommandent de déposer une enveloppe avec du liquide dans une boîte prévue à cet effet : « cela marche à la confiance, c’est du bon sens ». Après avoir vécu en Amérique du Sud, en France et en Tunisie, je ne crois pas que cela soit nécessaire de commenter davantage cette façon de procéder.

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Les nuits sont fraîches sur l’île aux kangourous mais le réveil au bord de l’étang, où les oiseaux barbotent, est un vrai luxe. Le cycliste allemand à l’air louche et à la longue barbe qui dormait à côté de nous a déjà levé son camp, ce qui rend le petit-déjeuner plus harmonieux, il ne me plaisait vraiment pas ce bonhomme. C’est un délit de faciès, certes, mais je l’assume. Nous effectuons un premier arrêt dans la cabane à huîtres afin de déguster la production locale. Le petit passage au four accompagné de fromage et de piment doux ou de sauce Kilpatrick, séduit les papilles. Au naturel, ces huîtres ne sont pas mal non plus.

Ensuite, nous prenons la direction de Kingscote, le centre administratif de l’île qui est l’occasion de recharger en vivres et en gasoil avant de s’élancer vers Stokes Bay et sa plage cachée. L’endroit est réputé et de nombreux panneaux trahissent le secret : il faut s’immiscer au cœur de rochers pour atteindre finalement une magnifique plage de sable blanc qui touche une eau limpide et fraîche. Un bus vient de déverser un troupeau de touristes français sur les bords de ce petit paradis.

Nous nous en éloignons en grimpant la petite dune qui surplombe la plage. Au sommet, une grande étendue d’herbe où des dizaines de kangourous ont élu domicile. Une maman et son petit se sont détachés du gros des troupes. Nous nous régalons à les observer et eux ne s’arrêtent jamais de manger. Seul le petit, de temps à autre, jette un regard inquiet dans notre direction. Sa mère ne bougeant pas d’un poil, il se rassure et poursuit son festin, sous nos regards attendris de touristes ayant rencontré leurs premiers kangourous vivants.

 

Chapitre III : Quand les feuilles se mettent à parler

La North Road serpente au cœur de vertes plaines qui surplombent l’océan. N’étant pas goudronnée, elle n’est que peu empruntée par les automobiles, ce qui permet d’observer beaucoup d’animaux. Les kangourous mangent paisiblement au sommet des falaises tout en jetant parfois un regard nonchalant en direction de l’océan. D’autres demeurent auprès des routes, levant le museau pour observer le passage des véhicules. Alors que nous nous élançons à petite vitesse pour avoir le temps de repérer de nouveaux animaux, une forme grisâtre rampe le long du chemin : un magnifique goanna, sorte de dragon de Komodo, qui peine à se cacher. Le reptile agite ses petites pattes pour se faire oublier dans les herbes avoisinantes. Plus tard, nous distinguons une autre silhouette : un échidné, un petit animal semblable au porc-épic, qui hâte les pas pour se perdre dans la nature et quitter la route principale qui semble lui donner une sacrée frousse.

 

 

Arrivée à l’entrée du parc national de Flinders Chase. Une forêt d’eucalyptus cache le ciel et les acacias en fleur offrent un peu de couleur à cette végétation monotone, verte et grise. Nous empruntons un sentier de randonnée désert et l’après-midi est déjà bien avancée. Considérant que nous avons le temps avant la tombée de la nuit, nous nous faufilons dans ce chemin déjà un poil sombre. Les arbres forment une sorte de tunnel étroit qui semble conduire à une forêt ensorcelée. A mesure que l’on progresse dans ce couloir surréaliste, les feuilles émettent des sons, se mettent à communiquer : « bong, bong, bong ! » La magie suscitée par cette intrigante forêt masque une réalité moins sensationnelle : les sons proviennent en fait des grenouilles qui peuplent la rivière qui coule à deux pas.

La Rocky River se dandine au bout de la forêt, se prélassant sur de beaux cailloux rouges. De petites cascades et quelques bassins naturels se forment tout au long de ce délicieux cours d’eau qui est escorté par deux falaises jusqu’à sa destination finale : une plage offrant un havre de répit à cette côte accidentée de l’ouest de Kangaroo Island.

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Face à nous, des vagues de plus de 1,50 mètres claquent sur ce banc de sable paisible où ressortent les embruns de l’océan sauvage. De rares mouettes peuplent le site et le bruit continu des vagues berce les rêves d’exploration tout en nourrissant les fantasmes de découvertes suscités par la sauvagerie des lieux. Enfouies sur les hauteurs des falaises, des entrées de grottes aux stalactites aiguisés semblent abriter mille trésors. Les baïnes formées par l’océan, la fraîcheur de l’eau et la probabilité que des requins traînent dans le secteur font vite oublier l’idée d’une baignade.

Il est temps de retourner au campement situé au milieu des bois, à l’orée d’une clairière à l’entrée de laquelle nous sortons nos deux chaises de camping sur lesquelles nous nous affalons, bière en main, face au spectacle proposé par la nature : à la tombée de la nuit, les kangourous s’affairent et s’offrent un festin tandis que de magnifiques perroquets blancs à col rose trottent au milieu de leurs pattes. Mais chut, il ne faut surtout pas bouger, sinon ils s’en iront.

 

 

Chapitre IV : Une histoire de pipis

La nuit en forêt est propice aux rencontres : vers minuit, alors qu’une envie pressante m’oblige à quitter le van, je m’avance vers les premiers arbres, lampe frontale vissée sur le crâne. Une fois bien identifiée la zone pour uriner, j’ose tourner la tête afin d’évaluer le contexte, alors que les arbres s’agitent autour de moi dans un bruit d’épouvante créé par un fort vent. Une petite tête de wallaby se dresse sur ma droite, à moins de trois mètres. Tout en poursuivant sa mastication nocturne, le marsupial ne me quitte pas des yeux malgré la présence de cette torche qui aurait pu le déstabiliser. Nous nous échangeons plusieurs regards au cours de ma pause-pipi et je devine un brin de curiosité chez cet animal gourmand qui, en plus de se nourrir juste à côté de notre véhicule, n’a pas oublié de m’imiter en se soulageant lui aussi. Les nombreux excréments retrouvés au pied du van le lendemain matin en témoignent. Une façon de me dire : « tu urines devant moi pendant que je mange, je défèque devant ta portière pendant que tu dors ».

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La matinée est l’occasion d’aller à la découverte d’animaux impossibles ou presque à repérer : les ornithorynques, ces espèces de castors équipés d’un bec de canard. Un sentier indiqué par la ranger Amanda Fox borde la Rocky River, plus en amont de celui que l’on a arpenté la veille. Il s’agirait d’un repère à platypus et avec de la patience, il serait possible d’en voir. Pendant plusieurs heures, nos nerfs sont mis à rude épreuve. Au-delà de l’aspect monotone de la marche le long d’un sentier tristounet, nous ne parvenons qu’à de rares reprises à nous approcher de la rivière. Malgré de braves tentatives où nous nous faufilons au cœur d’une forêt dense afin de s’approcher de rivages sauvages, pas de trace d’ornithorynques. Les grenouilles, quant à elles, n’oublient pas de coasser, comme pour se moquer de nous voir embarqués dans d’inutiles galères.

The Platypus Hole ou L’étang des ornithorynques, constitue également un échec. Promenade plus agréable et moins longue, elle réunit familles avec enfants et randonneurs bruyants. Sachant que l’animal traqué est de nature prudente et n’aime pas trop se montrer, les chances d’en rencontrer un deviennent nulles avec autant de bruit autour. Nous maudissons donc tous ces promeneurs nuisibles ainsi qu’Amanda Fox pour ses informations. A bien y réfléchir, elle avait un profil de stagiaire, elle ne devait pas y connaître grand-chose.

La Koala walk est bien plus fructueuse que la promenade précédente. Après quelques minutes de balade à guetter les eucalyptus, voici qu’un koala pointe le bout de son nez. Quelle chance, il est réveillé ! Ce premier d’une longue série nous réserve un véritable show : il change de branche, se gratte, remue, mange et… Nous urine dessus. Un bel étalage de la vie de cet animal beaucoup plus charmant en apparence qu’il ne pourrait l’être dans la réalité (demandez à l’écrivain Kenneth Cook). Le reste de la promenade permet d’observer wallabies et kangourous venus sautiller aux alentours des eucalyptus remplis de koalas dormeurs.

 

Chapitre V : Tongs et Tiger Snake

Une dernière journée qui s’annonce radieuse sur l’île des kangourous. Nous empruntons le chemin du retour en direction de Penneshaw, où l’on embarquera à bord du ferry. Nous effectuons une halte sur la droite afin d‘observer un phénomène original : Little Sahara, une dune de sable située sur une île dont les prairies vertes inondent presque tout le territoire. Il est vrai que cette dune, qui rappelle étrangement celle du Pyla, calée au milieu de la forêt, est très étrange puisque c’est un îlot sableux entouré de forêts de conifères. Les Australiens l’adorent et ils sont nombreux à louer des planches de sandboard afin de s’offrir quelques morceaux de glisse.

 

 

Nous laissons alors cette curiosité géologique pour prendre la direction de la Dudley Peninsula, réputée pour abriter une cave à vin et un magnifique phare qui date de plus d’un siècle. Nous effectuons un petit arrêt sur une plage déserte qui s’étend sur trois kilomètres. Pour la première fois depuis mon arrivée en Australie, je me risque à marcher en tongs afin de profiter du sable. Phobique des serpents, j’oublie les avertissements lus quelques instants plus tôt au sujet de la présence dans ce secteur de tiger snakes, des serpents noirs agressifs et venimeux. Quelques secondes après notre petite escapade, une fois remonté à bord du Kid, Mélissa me confesse : « il y avait une trace dans le sable qui ressemblait énormément à un passage de serpent ». C’est la boule au ventre que je reprends la route jusqu’au cap, repensant à cette idée d’avoir osé marché pieds nus à proximité d’un nid de serpents.

Quelques kilomètres plus loin, un animal gesticule sur le bord de la route : noir comme les ténèbres, agile et menaçant, c’est un tiger snake qui rampe à proximité de notre véhicule! Respectant mes ennemis, je le contourne afin de ne pas l’écraser mais subis les remontrances de Mélissa qui aurait souhaité un arrêt afin de l’observer. C’est alors que je suis pris d’un immense frisson qui parcourt l’intégralité de mon corps : j’imagine une scène où j’arrête le véhicule puis le reptile carnassier grimpe à bord pour me faire la peau. Je meurs lentement, atrocement, au volant, terrorisé par ce tiger snake aux yeux meurtriers et injectés de sang. Quand je reprends mes esprits, nous sommes à des kilomètres du lieu où nous avons croisé le serpent mais je ne peux m’empêcher de penser qu’il s’est entortillé dans les roues du van et qu’il viendra lâchement m’assassiner dans quelques heures.

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C’est dans ce contexte plutôt défavorable que l’on parvient sur la terrasse du Dudley Wines. Les vignes sont cachées à plusieurs kilomètres dans les terres, l’accueil pour les clients s’effectue au sein d’un bar-restaurant offrant une vue imprenable sur l’océan du haut de collines vertes occupées par un élevage de vaches. Le serveur nous accueille au comptoir et veut impressionner les Français que nous sommes : il nous fait goûter plus de six cépages en moins de dix minutes. Un traquenard en bonne et due forme. Je ne vous apprendrai rien en vous révélant que je n’ai rien recraché et que cette dégustation m’a donc vite réchauffé les oreilles.

La vue est merveilleuse pour déguster un Merlot ou un Riesling et savourer les derniers instants de douceur de l’île aux kangourous, véritable bonheur (ou terreur) pour rencontrer des animaux sauvages en liberté. Les derniers virages de notre périple nous font longer la plage au niveau de Penneshaw. Mélissa remarque tout à coup une embarcation chargée d’une douzaine de personnes au bord de la côte. Ils semblent observer quelque chose dans la mer. C’est à cet instant que l’on voit surgir des flots tout un ban de dauphins. Nous passons alors une bonne demi-heure au bord de la plage à les regarder sauter à moins de dix mètres du rivage.

C’est après ce nouvel instant animalier et ces images de bonheur que nous devons quitter Kangaroo Island. Après quarante-cinq minutes de ferry (lovely !), la nuit étant avancée, nous nous arrêtons au camping du Cape Jervis avec l’idée de reprendre la route d’Adelaïde le lendemain. Au moment de garer le Kid à notre emplacement, je jette un coup d’œil vers notre voisin : l’Allemand avec sa longue barbe et son vélo.

 

 

Marc Nouaux

Photos: M.P-V.

2 Comments
  • Sophie
    Posted at 09:04h, 09 novembre Répondre

    Belle escapade dépaysante. Le texte plein d’humour et les magnifiques photos nous plongent dans ce lieu beau et parfois inquiétant.

  • Clo
    Posted at 18:01h, 09 novembre Répondre

    Toujours un vrai régal de te ire. Merci beaucoup j’ai vraiment l’impression d’être avec vous. lovely

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