Les Cahiers Vagabonds | Récit #3: Maté, pétards et Chivito… On a passé quatre jours en Uruguay
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Etal uruguayen

Récit #3: Maté, pétards et Chivito… On a passé quatre jours en Uruguay

Montevideo… Le nom de cette ville m’a toujours paru étrange. Intrigant et amusant. On est donc allé voir si la capitale de l’Uruguay était aussi particulière que ne le laisse penser son blase, dont l’origine n’a jamais été formellement déterminée.

Après un peu plus d’une heure de bateau pour traverser le Rio de la Plata de Buenos Aires jusqu’à Colonia de Sacramento et presque trois heures de bus sur les routes uruguayennes, nous voici arrivés à Montevideo.

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Pour aller jusqu’à Colonia, on a pris un bateau et on a même eu la chance de visiter la cabine de pilotage et de rencontrer le capitaine!

 

Notre visite en Uruguay répond à plusieurs attentes. Du loisir et du travail puisqu’un journal français m’a commandé un reportage au sujet d’un joueur de football uruguayen. De la curiosité aussi puisque nous voulions jauger l’ambiance au sujet de la légalisation du cannabis, votée en 2014 sous l’impulsion de l’ancien président, Pepe Mujica. Celui qui un jour, selon Le Monde-Diplomatique, a dit qu’il n’était pas allé plus loin dans la transformation de son pays « parce que les gens veulent des Iphones ».

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Le dépaysement est grand entre l’Argentine et l’Uruguay, si l’on excepte le fait que les Uruguayens ont la même tendance à prononcer beaucoup de « ch » dans les mots, comme les Argentins. Entre les palmiers qui bordent les routes et la tranquillité de la capitale, on sent rapidement que l’on a changé d’ambiance. Le maté se boit dans tous les coins de rues, que l’on soit seul ou en groupe, au travail ou en balade. Et la marijuana se hume presque dans tous les coins de rue également. Choc culturel.

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La vieille ville de Montevideo, toute tranquille et resplendissante sous le soleil de novembre 

On fait vite le tour du centre de Montevideo et notamment de sa vieille ville et de son port. C’est assez mignon, calme et reposant avec une architecture austère. Les bâtiments sont bas, offrant une bonne respiration, les rues sont dégagées et la circulation ne se veut pas trop dense. De nombreux parcs et quelques petites places, notamment dans la vieille ville, apportent une touche supplémentaire de sérénité. La visite de la vieille ville se ponctue par un marché couvert, très beau mais très touristique où se vendent et se mangent viandes et poissons ainsi que le Chivito, le plat typique (une superposition de pain, frites, fromage, œufs, pancetta, jambon et viande rouge).

 

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Le Chivito… Un vrai délice (ultra protéique)!

 

La capitale ne laisse pas un souvenir impérissable, même lorsque l’on s’autorise une délicieuse balade à vélo sur les ramblas qui longent les bords du Rio de la Plata sous un soleil de plomb. On ressent l’arrivée de l’été comme en témoigne le grand nombre de personnes qui bronzent sur la plage… Dos à la mer et face aux barres d’immeubles, plus hauts en bord de mer que dans le centre-ville. Pour mieux prendre le soleil, les Uruguayens, qui viennent majoritairement à la plage avec des chaises, se prélassent face au soleil, même lorsque celui-ci est en direction de la ville. Cette fois-ci face au Rio de la Plata, sur une piste réservée à la glisse, un adolescent tête-brûlée fait raisonner son skate sur les parois et on s’amuse de voir une grande sœur enseigner à sa cadette l’art du patinage, alors que près d’elles, une jeune fille fait les yeux doux à son professeur de patin. L’ambiance est détendue et calme, pour un jour de semaine. Montevideo n’est ni stressée ni stressante, à peine quelques coups de klaxon dans les rues et pas plus de hurlements de chauffeurs impatients.

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La piste de patinage, sur le bord de mer

Est-ce la légalisation du cannabis qui rend les gens plus « stones » qu’ailleurs ? La culture du pétard est visible partout. Entre un gamin de 13 ans qui essaie de nous refiler un petit peu d’herbe pour pas cher en plein centre-ville, les boutiques dédiées au chanvre et au cannabis, les back-packers qui s’adonnent à des soirées pétard-guitare, on est bien servi. On tente d’ailleurs un reportage auprès d’une association qui permet aux gens, après adhésion, de venir consommer le cannabis qu’ils font pousser dans leur local. Un échec pour nous, les responsables se pointent au rendez-vous avec plus d’une heure de retard, soit quelques minutes après notre départ. On a aussi questionné quelques pharmaciens pour savoir ce qu’ils pensaient de la vente de cannabis dans leur établissement. « Ce n’est pas le lieu pour faire ça, qu’ils se débrouillent à le vendre directement entre les producteurs et les hôpitaux », nous répond-on, tout en faisant comprendre que la perspective de faire concurrence au narcotrafic n’est pas de nature à les rassurer. Nous n’avons pas trouvé de pharmaciens qui étaient d’accord avec ce type de vente mais il en existe puisqu’une négociation est en cours actuellement pour l’autoriser, entraînant un débat entre ceux qui y sont favorables et les autres.

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Les plans de cannabis remplacent les géraniums et les livres de plantation prennent une place d’honneur dans les librairies à Montevideo

Le développement de la culture de cannabis et sa légalisation est un des points sensibles dans le pays, tout comme le football, puisque deux jours après notre départ, le clasico, le match entre les deux plus grands clubs de Montevideo, le Peñarol et le Nacional, a été annulé en raison de la trop grande violence survenue dans les rues et dans le stade avant le coup d’envoi. Quand nous sommes allés rendre visite au Defensor Sporting, troisième club de Montevideo, pour mon reportage, l’ambiance y était plus calme et détendue. Un petit stade de 5.000 personnes avec vue sur la mer, des joueurs s’entraînant dans la bonne humeur et nous réservant un accueil très poli et chaleureux, à l’image des habitants de ce pays. Les Uruguayens nous ont paru très sympathiques, avenants et prêts à rendre service, en donnant une astuce, un conseil pour s’orienter ou trouver un endroit sympa pour manger.

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Le stade de Montevideo et quelques joueurs à l’entrainement arborant leurs jolis maillots violets 

Deux jours suffisent pour profiter de Montevideo et de ses alentours. Nous choisissons donc de passer notre dernière journée à Colonia de Sacramento (La colonie du Saint-Sacrement), ville portuaire, qui fait face à Buenos Aires de l’autre côté du Rio. Changement total de climat social et météorologique. Un orage s’abat pendant une journée, nous contraignant à nous cacher dans les bars de la vieille ville, nous abandonnant au rythme du son de Manu Chao, du reggae et des serveurs qui partent en pose pour aller fumer un pétard.

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Jour de pluie sur Colonia del Sacramento

Le quartier historique de Colonia pourrait être charmant s’il n’était pas tant dénaturé par le tourisme de masse. Calme, sans doute trop, la vieille ville est réputée pour ses rues pavées, ses vieilles façades et son bord de mer, qui ont gardé l’héritage de la ville coloniale du XVIIIe siècle. Beaucoup d’anglophones s’y pavanent sans avoir même la force de dire « Gracias » et se rendent compte que la visite ne prend pas plus d’une après-midi. Le reste n’est que détente et tranquillité, ce qui est d’ailleurs notre programme du dernier jour avant de reprendre le bateau pour Buenos Aires, dont la seule évocation du nom nous fait rompre avec la quiétude ressentie pendant trois jours.

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Les plages sauvages uruguayennes 

 

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Au détour d’une ruelle… Une ombre, un chat, des graffitis

 

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Le bleu marin du bord de mer à Colonia del Sacramento

M.N.

Crédit photos: Mélissa Pollet-Villard

 

>> A lire aussi: Le Delta du Tigre, un bon plan à une heure de train de Buenos Aires

1 Comment
  • POLLET VILLARD
    Posted at 14:27h, 30 novembre Répondre

    Carte postale décalée avec en fond le cannabis… Photos originales et prises avec des angles originaux et article objectif et d’investigation. Continuez à nous faire rêver et à nous apprendre des choses

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