Les Cahiers Vagabonds | On en parle: le Panama, chapeau made in… Equateur!
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Tissage d'un Montecristi

On en parle: le Panama, chapeau made in… Equateur!

Malgré son nom trompeur, le célébrissime chapeau Panama est en réalité… équatorien!

Très en vogue depuis le début du XXè siècle (les ouvriers oeuvrant pour la construction du canal de Panama portaient ce chapeau tressé,  passant à la postérité sous ce nom éponyme), il connait un regain de succès au XXIè siècle.

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Nous nous sommes rendu dans le berceau de fabrication du chapeau Panama, dans la paisible ville de Montecristi, afin d’en savoir plus sur ce chapeau mythique.

 

Il est inimaginable d’appeler « Panama » un couvre-chef digne de ce nom en Equateur. Reconnu comme patrimoine immatériel par l’UNESCO en 2012, ce chapeau de paille – sombrero de paja toquilla – possède trois dénominations selon la méthode de tissage utilisée: Brisa, Cuenca et Montecristi (la Rolls-Royce de ce Borsalino made in Equateur).

Fabriqué à base de paille provenant du palmier Toquilla, la qualité des chapeaux, et donc leurs prix, dépend de la finesse du tressage.

 

Nous avons rencontré Kleyder, tisseur de chapeaux Montecristi, dont la réputation n’est plus à faire. Sa famille s’est fait un nom notoire parmi les producteurs du pays.

Kleyder, tissant d’une main professionnelle les finitions d’un ouvrage, nous accueille avec douceur et enthousiasme. Il ne faudra pas le prier pour qu’il nous raconte avec passion anecdotes et savoir-faire au sujet des fameux Montecristi.

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Il narre avec fierté qu’il a des clients dans le monde entier, notamment en Europe, où il se rend régulièrement: « j’ai de nombreux acheteurs sur la Côte d’Azur, notamment à Saint-Tropez ». Nous ne sommes pas vraiment étonnés puisque l’on sait que ses chapeaux se vendent entre 70€ et 3.000€. Devant notre regard ahuri, il part fièrement chercher son ouvrage le plus cher, destiné à une cliente suisse. Le chef d’oeuvre lui a pris quasiment un an de travail. Le tissage est si fin que l’on a l’impression de toucher du tissu.

 

Nous apprenons que sa mère tisse également de l’autre côté de la rue. Lui travaille avec sa belle-mère et sa femme. Son fils, en outre, souhaite devenir ingénieur industriel. « La tradition du tissage des chapeaux Montecristi se perd. La jeune génération se désintéresse de cela. Pour contrer ce manque, l’Etat a créé une école d’apprentissage afin de perpétuer cette tradition vieille de plusieurs siècles ».

En effet, le chapeau de paille est un véritable héritage historique puisqu’il existait déjà à l’arrivée des Espagnols au XVIè siècle. Le « Panama » est également une ressource économique importante du pays, aux côtés du cacao et des bananes.

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Produits de luxe (les authentiques Montecristi sont intégralement tissés à la main), leur temps de fabrication oscille entre 5 jours et un an pour les plus fins.

 

Dernier point faisant la réputation d’un bon chapeau: il peut être roulé et rangé dans une boîte sans que sa forme initiale en soit altérée (attention toutefois, certains chapeaux sont faits de telle sorte que leur forme ne bouge pas, il est donc impossible de les rouler).

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Plus qu’un simple produit artisanal, ce chapeau désormais mythique couvre des milliers de têtes à travers le monde (occidental). Kleyder se rend en personne aux quatre coins du globe pour rencontrer ses clients et leur livrer ses ouvrages.

Sa prochaine destination, Lausanne, non sans surprise!

Texte et photos: Mélissa Pollet-Villard

1 Comment
  • SOPHIE POLLET VILLARD
    Posted at 14:52h, 27 juin Répondre

    Travail de fou, c’est une oeuvre d’art.
    Article passionnant et photos douces

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